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Une société sans femmes

Mes romans préférés sont les dystopies.

Dystopie, nom féminin : Récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'il soit impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contrainte de séparation des pouvoirs, sur des citoyens qui ne peuvent plus exercer leur libre arbitre. (Wikipédia)

Même si j’ai longtemps considéré Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley comme mon livre préféré, il fut détrôné lorsque j’ai lu La servante écarlate de Margaret Atwood.

Pour ceux qui préfèrent les séries à la lecture, le roman a également été adapté et la série est très quali, notamment sur la première saison.

Cette lecture m'a profondément fait réfléchir sur le lien entre écologie et féminisme.

Si je résume en quelques phrases…

Dans un futur pas si lointain, les femmes ont perdu leurs droits.

L'activité humaine (production d'énergie nucléaire, pollution de la planète, surconsommation, épuisement des ressources...) a entrainé une chute drastique de la fertilité.

Une dictature s'est donc imposée et les femmes en capacité à procréer sont alors devenues des servantes : des femmes-porteuses pour des couples haut placés dans la société.

Un ordre social est donc établi dans cette société et toutes les femmes subissent une forme d'oppression, même celles au plus haut de la pyramide puisqu'elles ont par exemple interdiction de travailler. Elles n'ont plus de droit de propriété, leurs loisirs leur sont imposés, tricot et jardinage pour toutes, et on leur coupe un doigt si elles sont prises en train de lire ou d’écrire.

La meilleure façon de garder ces femmes captives est de leur retirer l’accès à la connaissance.

Bien sûr, ce n’est qu’une fiction. Cependant, l'autrice explique très bien dans différentes interviews qu'elle n'a rien inventé et qu'elle s'est simplement inspirée de différentes sociétés qui ont existées à travers le monde et les siècles.

Elle a pris le pire de chacune de ces sociétés et a essayé d'imaginer ce que pourrait être le futur dans 100 ans aux Etats-Unis.

Cela m'a grandement amenée à m'interroger sur le lien entre le réchauffement climatique et l'oppression faite aux femmes dans la société.

C’est ainsi que j’ai découvert un mouvement du féminisme appelé "l'écoféminisme"…

Une domination des hommes sur la nature

Selon certains mouvements de pensée, l'oppression des femmes trouve sa cause dans le patriarcat. En effet, l'oppression des hommes sur les femmes, serait causé par l'organisation de notre société qui repose sur des formes de familles dans lesquelles l'autorité repose sur les pères.

De façon analogue, des mouvements de pensée écologistes affirment que l'origine du réchauffement climatique est notre modèle économique capitaliste.

Naomi Klein dans son dernier ouvrage "Tout peut changer" affirme même que c'est "une vérité qui dérange", le réchauffement climatique ne tient pas aux gaz à effet de serre mais bien à notre modèle économique qui est en guerre contre la vie sur Terre.

L'écoféminisme fait donc un parallèle entre ces deux choses : l'oppression des hommes sur les femmes et la domination des hommes sur la nature.

Le terme écoféminisme est inventé en 1974 par une française, Françoise d'Eaubonne dans son livre « Le féminisme ou la mort ». Elle affirme que l’accès à la contraception et l'obtention du droit à l'avortement allaient non seulement les émanciper mais également sauver la planète de la surpopulation.

« Le premier rapport de l’écologie avec la libération des femmes, écrit-elle, est la reprise en main de la démographie par celles-ci, ce qui définit la réappropriation du corps. »

Cependant, l'affirmation que les femmes auraient un lien privilégié avec la nature, de l'ordre presque du spirituel, a freiné le développement de ce courant de pensée en France.

Ce que l’on ne peut pas nier ce sont les chiffres : Les crises environnementales touchent plus durement les femmes et cela s’explique, en partie, par ces logiques d’oppression. Selon l’ONU, les femmes et les enfants ont 14 fois plus de chance que les hommes de mourir lors d’une catastrophe naturelle. Pour prendre un exemple concret, parmi les 200 000 morts du tsunami de 2004 dans l’océan indien, 80% des victimes en Indonésie étaient des femmes.

Par ailleurs, dans les pays dits du Sud, les femmes sont nombreuses à vivre de l’agriculture, une activité très sensible aux changements climatiques, qui rend chaque jour leur labeur plus difficile.

Enfin, les femmes ont fait de l'écologie leur terrain. Les ministres de l'environnement sont souvent des femmes, et les militantes sont très médiatisées à l'image de Greta Thunberg ou Vendana Shiva.

Pour toutes celles et ceux qui veulent aller plus loin sur ce sujet, ce podcast est le meilleur que j’ai pu écouter sur le sujet ! 🙃

Avoir l’ambition de changer le monde

Aujourd’hui, les chiffres sont clairs :

  • Seulement 17% des salariés dans la tech sont des salariées,
  • Seulement 12,5% des fondateurs et cofondateurs de startups dans la French Tech sont des fondatrices et cofondatrices,
  • Seulement 11% des diplômés d’école d’informatique sont des diplômées.

Aujourd’hui, il est urgent de :

  • Trouver des solutions pour produire de l’énergie de manière plus durable,
  • Trouver des solutions pour stocker notre énergie,
  • De plus globalement diminuer notre consommation,

Bref des problèmes à résoudre, il y en a plein.

Quand il y a un problème, c’est qu’il y a une solution.

Chercher des solutions, c’est le concept même de l’entrepreneuriat.

Alors, si les femmes sont si engagées sur le terrain de l’écologie, elles sont les plus à même entreprendre sur ces sujets.

Pour ce faire, je suis convaincue que nos meilleures armes sont les nouvelles technologies, dont les outils no-code et l’Intelligence Artificielle.

Voici donc pourquoi il est urgent que les femmes prennent plus de place dans la tech et qu’elles osent entreprendre : Se sont elles qui s’intéressent aux vrais sujets.

Il y a deux semaines, dans mon interview avec Alexis de la team Contournement, j’ai évoqué la création d’un bootcamp d’automatisation sous la même forme qu’aujourd’hui, mais exclusivement réservé aux femmes.

Une promo non mixte, pour permettre à toutes de bénéficier d’une expérience pédagogique adaptée dans laquelle elles se sentiront libres de s’exprimer.

Depuis, j’ai reçu BEAUCOUP de messages de femmes.

Des femmes qui m’ont dit : “Claire, le jour où tu lances ce bootcamp, je m’inscris direct !”

J’ai alors pris la mesure du problème. Jusqu’ici je n’avais pas réalisé à quel point cela pouvait être bloquant.

C’est pourquoi nous envisageons la chose sérieusement pour la promo de la rentrée 2024. Si tu es une femme, et que cela t’intéresse, je t’invite à m’écrire en réponse à cette newsletter ! Cela me permettra de valider ou non ce projet.

Enfin, un jour quelqu’un m’a dit : si tu as envie de vivre dans un monde qui répond à tes besoins, il va falloir le créer.

J’ai vraiment hâte de vivre dans un monde créé également par des femmes.

Parce que ouais, un peu chiant de se dire que juste parce que l’ingénieur qui fait les sièges voiture était un homme on a plus de chances de mourir dans un accident de voiture ! [Article source par ici]